Chroniques de bureau (2)

Pour donner un coup de jeune à une administration vieillotte, rien ne vaut un petit lifting des lieux. Les bureaux cloisonnés se transforment en un grand open space à l'américaine. Adieu les portes fermées, vive la transparence!

Chez nous, travailler en open space est le meilleur moyen de connaître les nouvelles de tes collègues : Que va dîner ton collègue le soir, avoir des réponses à des questions existentielles comme par exemple savoir si sa femme manque de pomme de terre ou de tomates, si les enfants de ta collègue vont bien, s'ils ont bien travaillé à l'école ou s'ils ont eu de mauvaises notes. Mieux encore, l'open space te permet de connâitre ce qui se trime entre ton patron et ton collègue d'en face. Tu pourras assister en direct au "tbandir" de ton voisin de bureau, noter les performances de tes camarades en matières de léchage de bottes et apprendre ainsi la meilleure technique.
Tu t'ennuieras plus au boulot, tes journées seront rythmées par les nouvelles des uns et des autres.

Certes tu ne pourras plus faire ta petite sieste quotidienne comme au bon vieux temps des bureaux cloisonnés, ni manger ton cassecroute kaftéji tranquille sur tes dossiers, tu ne pourras plus non plus péter, roter..en toute quiétude, ni vu ni connu..

Tu apprendras le self-control(ou comment supporter les blagues débiles des deux nazes qui partagent avec toi l'espace), la courtoisie (ou l'hypocrisie ça dépend à qui on parle..)..Grincements de l’imprimante, sonnerie insupportable d'un portable à votre gauche, regards de votre collègue de droite sur votre écran, odeur de mar9et loubya bel k3aber (allah ghaleb c'est le déjeuner de ta collègue)… qu’importe tu apprendras à être heureux dans la promiscuité dix heures par jour.

Le diktat de la bonne humeur et de la convivialité prennent toute leur place en open space, une fausse ambiance cool qui cache bien des souffrances..


2 commentaires:

Löwe a dit…

Je comprends maintenant pourquoi les bureaucrates détestent le Lundi :-P

manna a dit…

Tu oublies el mouzika el kharja mel les ecouteurs du voisin...